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Défendons les libertés universitaires

Jeudi dernier, le 12 novembre, c’est à l’initiative des membres des listes Paris 1 en commun actuellement élus à la Commission de la Recherche, que le Conseil Académique de Paris 1 a voté la motion suivante : 

« Le Conseil académique de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne tient à exprimer sa profonde désapprobation à l’égard du processus législatif retenu pour modifier le rôle du Conseil National des Universités, et affirme solennellement son attachement à la procédure de qualification nationale des candidats aux fonctions de professeur et de maître de conférences« .

La procédure de qualification portée par le CNU, c’est-à-dire par des enseignantschercheurs élus par la communauté scientifique nationale et reconnus pour leur expertise, est un instrument essentiel de l’université française fondée sur l’égalité de traitement de tous les enseignants-chercheurs sur le plan national. Si les procédures du CNU ne sont pas exemptes d’imperfections, rien ne justifie l’abolition de ce niveau d’expertise des candidatures dans le processus de recrutement.

Mais la remise en cause des procédures de qualification n’est pas l’unique problème que pose la LPR. Les membres des listes Paris 1 en commun partagent l’analyse selon laquelle les orientations de la LPR s’inscrivent dans un contexte global de réformes systématiques (baccalauréat, Parcoursup, concours de recrutement de l’enseignement secondaire, retraites, assurance-chômage…) qui affectent directement les conditions de travail dans l’enseignement supérieur et la recherche, et donc notre mission de service public universitaire. Alors que la crise sanitaire de la COVID 19 met rudement à l’épreuve nos universités, leurs personnels et leurs étudiants, le passage de la LPR, et notamment les amendements sur la pénalisation de débats tenus dans l’enceinte universitaire, constitue une agression supplémentaire à l’endroit du monde académique de l’enseignement supérieur français .

Les membres des listes Paris 1 en commun reconnaissent qu’on ne peut ignorer les critiques concernant le fonctionnement actuel de nos institutions. Pour autant, elles et ils entendent rester vigilants s’agissant de la mise en œuvre de la LPR si elle devait être définitivement adoptée par le Parlement.

Dès aujourd’hui, chacun doit manifester son attachement à la collégialité de nos institutions à tous les niveaux de leur exercice, non seulement en signant les pétitions visant à défendre le CNU (comme par exemple celle de la CPCNU), mais aussi par des actions concrètes qui témoignent de notre désaccord avec les instruments de cette politique délétère qui atomise la communauté universitaire et vise à nous mettre en concurrence tous avec tous. 

Suspendons jusqu’à nouvel ordre toute forme de coopération externe avec l’HCERES, le CIR, l’ANR, les jurys des concours de recrutement de l’enseignement et les jurys des concours des grandes écoles publiques, ainsi que les jurys de baccalauréat. 

Paris 1 en commun a rejoint en nombre la manifestation du mardi 17 novembre à 15h, place de la Sorbonne pour obtenir la suspension de la loi de programmation de la recherche. Appelons à signer la pétition pour la suspension de la loi de programmation de la recherche.

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