État des lieux

Deux rapports officiels, dont il faut tenir compte, ont pointé de graves difficultés dans la gestion administrative et financière de l’université, comme l’absence de stratégie à moyen ou long terme dans de nombreux domaines.

Ainsi, le rapport d’évaluation du HCERES publié le 7 septembre 2018 a, d’une part, émis de fortes critiques déplorant l’absence d’alliances avec d’autres établissements, de partenariats avec le monde de l’entreprise, de valorisation des activités de la recherche ou de réponse aux besoins du marché de l’emploi. 

Il a recommandé l’élaboration d’une politique de la recherche en partie assise sur des thématiques prioritaires définies par l’établissement, l’amélioration de la communication interne afin d’assurer une information complète et fluide sur les activités de chacunE, la construction d’un espace externe de partage d’informations accessible via la page d’accueil du site de l’université, l’élaboration d’une « démarche qualité » en matière de ressources humaines, la diversification du champ des ressources financières potentielles, la définition d’une politique globale de formation et d’une politique à l’égard des alumni, la définition d’axes stratégiques et d’orientations prioritaires de l’établissement en matière de relations internationales.

La Cour des comptes, dans de sévères observations faites le 18 mars 2019, a, d’autre part, « mis en évidence la permanence des dysfonctionnements et des fragilités de Paris 1 » et a lancé cette alerte solennelle : « en l’absence d’un redressement résolu, un déclassement de Paris 1 à moyen terme est un risque réel ».

Les membres de Paris 1 en commun entendent mettre en œuvre un projet et des méthodes qui apporteront des réponses à ces recommandations et des solutions à ces risques, c’est-à-dire déterminer des stratégies globales pour l’établissement en faisant preuve de responsabilité, de cohérence, de constance et de pertinence.

Cependant, si les membres de Paris 1 en commun ne peuvent ignorer ces avis institutionnels,elles et ils entendent rester vigilants s’agissant de la mise en œuvre de la loi de programmation de la recherche (LPR) si elle devait être définitivement adoptée par le Parlement. Les membres des listes Paris 1, en commun partagent en effet l’analyse selon laquelle les orientations de la LPR s’inscrivent dans un contexte global de réformes systématiques (baccalauréat, Parcoursup, concours de recrutement de l’enseignement secondaire, retraites, assurance-chômage…) qui affectent directement les conditions de travail dans l’enseignement supérieur et la recherche, et donc notre mission de service public universitaire.

Enfin les membres de Paris 1 en commun observent que la crise sanitaire qui nous frappe depuis des mois a opéré un profond bouleversement dans la manière d’exercer nos métiers à l’université, qu’il s’agisse des enseignants, des chercheurs et des enseignants-chercheurs ou du personnel administratif et technique, non sans conséquences sur le service public d’enseignement rendu aux usagers. Or, les problématiques soulevées par cette crise sanitaire sont loin d’être dernière nous et les membres de Paris 1 en commun veilleront à ce que des réponses coordonnées au niveau de l’établissement et concertées dans le respect des compétences de chaque instance puissent y être apportées, tant au niveau des missions d’enseignement que de recherche.

La considérable dégradation des conditions de travail des enseignantEschercheurEs et du personnel administratif des universités, que la crise sanitaire a accentuée ainsi que, à Paris 1, la stagnation sinon l’affaissement du budget consacré à la politique scientifique, tiennent à une absence de choix politique clairs à Paris 1 ; mais aussi au désengagement financier de l’État et à la stagnation du recrutement d’enseignantEs-chercheurEs sur poste de fonctionnaire, organisés par les pouvoirs publics nationaux successifs. Nul n’ignore la complexité de notre établissement inhérente à sa taille, à la dispersion géographique de ses lieux d’enseignement et de recherche dans et hors Paris, à son sousencadrement administratif et enseignant, et ces difficultés sont aggravées par un sous-financement public avéré.

Si les membres des listes Paris 1 en commun s’accordent avec d’autres sur ce diagnostic, ils ne se résignent pas et, surtout, ils entendent proposer des mesures concrètes, en accord avec leurs valeurs.