Message de Paul Cassia en réponse au communiqué de l’intersyndicale du 3 mars 2020

En réponse au communiqué de l’intersyndicale du 3 mars 2020, je souhaiterais faire part à l’ensemble de la communauté universitaire – personnels BIATSS et enseignants mais surtout aux étudiant.e.s – de l’immense regret qui est le mien concernant des propos inacceptables que j’ai tenus en aparté, pour moi seul et hors micro, mais qui ont été relayés par les personnes présentes. Je reconnais mon erreur et le manque de retenue indispensable dont j’aurais dû faire preuve dans mes fonctions de directeur du centre Cassin. J’ai immédiatement fait part de mes regrets et me suis excusé d’avoir tenu ces propos. Je réitère aujourd’hui publiquement ces excuses avec une pensée toute particulière pour cette étudiante visée par mes paroles.

Les membres de l’intersyndicale ont raison et l’on ne doit pas laisser s’installer « la normalisation et l’acceptation de la répression des mouvements sociaux » , ni laisser  « libre cours à des comportements individuels eux-mêmes empreints d’une violence inacceptable » . Cette analyse est tout à fait juste et doit nous amener – m’amener – à réfléchir aux différentes formes de violence qui s’exercent dans notre université et nous interroger – m’interroger – sur notre – ma – capacité à développer des liens sociaux pacifiés dans un contexte politique global qui génère lui-même de la violence.

Je dirige le centre René Cassin depuis octobre 2012. J’ai vu se succéder des épisodes de violence subie par les étudiant.e.s. J’ai toujours eu à cœur de privilégier la voie du dialogue et de l’échange – y compris dans la confrontation – plutôt que la fermeture du centre, qui est aussi une autre forme de violence exercée à l’égard des étudiant.e.s. Après trois heures et demi de tentatives d’occupation très tendues du centre Cassin – qui m’ont valu d’être invectivé et arrosé d’eau – et de débat en assemblée générale dans l’amphithéâtre, les propos tenus hier dans un contexte particulièrement tendu – et après plusieurs heures d’échanges « intenses », pour ne pas dire épuisants – mais dont j’assume la pleine et entière responsabilité – ne remettent en rien en cause mon engagement au service de notre communauté universitaire. J’apprends de mes erreurs. Ce que je ne parviendrai pas à effacer, je souhaite essayer de le réparer en m’engageant encore plus dans la voie de la collégialité afin que nous réfléchissions ensemble à l’université que nous voulons construire. Dans un premier temps, c’est vers mon équipe que je me tourne : elle décidera très prochainement et collectivement de l’avenir des listes « Paris 1, l’université en commun ».

Paul Cassia